L’amirauté de St-Malo, son histoire 1691-1791

Quand :
20 mars 2017 @ 14:30 – 17:00
2017-03-20T14:30:00+01:00
2017-03-20T17:00:00+01:00
Où :
IUT

par M. René COLAS

le ravelin de la grand-porte de St Malo

 

Selon "le Foucqueron", le Tribunal d'Amirauté de Saint-Malo siège au milieu du terre-plein du Ravelin où se tient également la bourse aux négociants.
Ci-dessus une huile sur carton (anonyme - musée de l'histoire de St-Malo) datant de 1820 (5 ans avant sa destruction) et illustrant cette demi-lune construite en 1644 pour protéger l'accès de la Grand-Porte.

 

Compte-rendu de la conférence de M. Colas:
Présenter le conférencier est un grand plaisir pour la Présidente, qui évoque les nombreuses conférences données à la Société d’histoire par René Colas. Aujourd’hui nous découvrons la courte histoire du « siège d’amirauté de St-Malo » communément appelé « Amirauté de Saint-Malo », qui ne dura qu’un siècle, 1691-1791. Pourtant l’institution fut de première importance puisque qu’elle avait autorité sur toutes les activités maritimes civiles. Pour en arriver à l’émergence de cette institution malouine tardive, M. Colas dresse un tableau historique des amirautés du Royaume et de la Bretagne, pendant l’Ancien régime. Ainsi, malgré la signature du traité d’Union de la Bretagne au Royaume de France en 1532, la distinction entre l’Amiral de Bretagne et l’Amiral de France était conservée, de même que pour les amiraux de Guyenne ou de Provence. Ensuite intervint le cardinal Richelieu dont la volonté centralisatrice fit abolir ce régime des 4 Amirautés. Richelieu se fit également nommer gouverneur de Bretagne, à la place de César de Vendôme qui prit le chemin de l’exil.Quant au devenir des affaires maritimes, le particularisme breton fit longtemps obstacle aux propositions royales. Or Louis XIV désirait pouvoir décider dans ce domaine, aussi rétablit-il la charge d’Amiral de France, qu’il octroya en 1669 à son premier fils Louis âgé de 2 ans. Lequel mourut à 16 ans, alors le Roy donna de nouveau la charge d’Amiral de France à un autre de ses fils, le comte de Toulouse âgé de 5 ans, qui, en prime, devint gouverneur de Bretagne à 15 ans.

Cependant les Bretons contestaient, ils avaient mis en avant les privilèges et prérogatives du Parlement de Bretagne dans le domaine maritime et les faits de mer. Et pourtant la Bretagne céda en 1691, si bien que l’édit de 1691 y créa 7 « sièges d’Amirauté » : Brest, Nantes, Lorient, Morlaix, Quimper, Vannes, St-Malo. Le littoral affecté à la juridiction de St-Malo allait de l’Arguenon au Couesnon. Toutefois Saint-Malo entretenait aussi le feu du phare de Fréhel, qui lui rapportait des « droits de feu ».

Ladite Amirauté était donc un « siège » sans amiral ni armée navale, mais tenu par des officiers achetant leur charge. Le prix de la charge, comme le revenu de l’office, dépendait de l’importance du Port. Par exemple à St-Malo, l’achat de la charge de lieutenant d’Amirauté était très onéreux, en contrepartie les revenus étaient les plus lucratifs de la Province. Au XVIIIe S. les riches familles malouines aisées monopolisaient les offices de l’Amirauté. Au poste de « lieutenant général de l’Amirauté » se succédèrent les Gouin de Beauchêne, père et fils, puis après 1762, le malouin Guillaume Delaunay, future et malheureuse victime du Tribunal Révolutionnaire.

M. Colas, et d’autres historiens des affaires maritimes, confirment la très grande importance du fonds des archives de l’amirauté de St-Malo. Nous savons tout de la cartographie, des installations portuaires, du cabotage ou du long cours, des traités de commerce, des pêcheries locales et hauturières, des parcs à huîtres, des droits d’ancrage etc. Les ressources humaines nous sont aussi conservées, du pilote au capitaine, de l’armateur aux gardes-côtes. Par exemple tel rapport d’un navire de l’armateur Chateaubriand, relatait avoir chargé 325 nègres en Afrique, et en avoir débarqué 288 outre-mer. En bref, ce fonds d’archives, qui occupe 35 mètres de rayonnages, est une mine d’or pour les chercheurs. C’est par chance que nous en bénéficions, parce qu’à la Révolution les caisses de registres furent dispersées à tout va, et progressivement regroupées en 1920. Survint la seconde guerre mondiale et, le sauvetage opportun du fonds « Amirauté de St-Malo », par M. Bourde de la Rogerie, qui récupéra en 1942 les archives et les entreposa au château de l’Epinay, près de Rennes. Depuis elles sont conservées aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine dans la série 9 B.

 

Armes de l'Amirauté de St Malo

 

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