Le Dr Louis MAUFRAIS, médecin dans les tranchées

Quand :
20 novembre 2017 @ 14:30 – 17:00
2017-11-20T14:30:00+01:00
2017-11-20T17:00:00+01:00
Où :
IUT

par Mme Martine VEILLET

Louis Maufrais écrit ses notes

Accalmie: Louis Maufrais et son carnet de moleskine sur lequel il écrit ses notes pendant les relèves. sept 1915 Copyright.bmp

Louis Maufrais en permission à St-Malo le 2juillet19152 Juillet 1915.Louis Maufrais à droite, lors de sa première permission, sur la plage de Bon Secours à Saint-Malo. Il vient de recevoir sa première citation et la croix de guerre. Copyright.jpeg


 
Martine Veillet, ancienne journaliste, est la petite-fille de Louis Maufrais. En 2002, elle retrouve les enregistrements de son grand-père dédiés à son expérience combattante pendant la Grande Guerre. Après les avoir écoutés et décryptés, elle décide comme une évidence, d’en faire un livre. D’autant plus que sa famille lui donne accès aux albums de guerre. Elle dispose alors d’un matériel historique exceptionnel, et comprend que les photos prises par Louis Maufrais, datées et légendées, vont servir le texte et l’incarner. Quant aux carnets de Moleskine dans lesquels le narrateur écrivait son journal de guerre, ils ont disparu au fil des dispersions dans les déménagements. Il faudra à Martine Veillet cinq années d’enquête pour vérifier les dates, les lieux, retrouver dans les archives les noms cités par son grand-père.

« J’étais médecin dans les tranchées » est l’aboutissement d’un passionnant travail de mémoire, autant que l’histoire d’une transmission, d’une génération à l’autre.
En 2008, paraissait aux Editions Robert Laffont, le témoignage exceptionnel du médecin Louis Maufrais, engagé sur tous les fronts de la Grande Guerre.
En 1914, ce Dolois, ancien élève du collège de Saint-Malo, prépare l’internat de Paris. Mais la guerre qui éclate pendant ses vacances en Bretagne, va en décider autrement. Le jeune homme rejoint le front, et découvre les tranchées. Enterré au fond de postes de secours secoués par les obus, il côtoie la mort, les pieds dans la boue et les mains dans le sang. Quand il a un moment de repos, il prend des notes sur son carnet de Moleskine, photographie, pour raconter la souffrance, celle de ses camarades, la sienne, mais aussi l’amitié, le burlesque, l’absurde…

L’historien Marc Ferro ne manque pas d’éloge : « Voici un texte hallucinant. Œuvre d’un médecin, qui a fait toute la Grande Guerre dans les tranchées, il est à ce jour inédit, publié pour la première fois en ce 90e anniversaire de l’Armistice. Maufrais a été partout : d’abord en Argonne et en Champagne en 1915, à Verdun et sur la Somme en 1916, à nouveau à Verdun en 1917, enfin chirurgien dans une ambulance d’avril 1918 à janvier 1919. Non seulement il a été sur tous les fronts de la guerre, en France, mais au feu quatre années sur quatre. En cela, son témoignage est unique. Il l’est aussi en ce que son activité de médecin auxiliaire l’amenait à prendre des notes pour le suivi de ses blessés. Ce sont ses carnets et ses photographies, sauvegardés, qui lui ont permis, soixante ans plus tard, de dicter des fragments d’une précision inégalée : des informations et souvenirs intacts, comme congelés. »

Mais comment ce récit unique a-t-il été sauvé de l’oubli ? Rentré à Paris en janvier 1919, Louis Maufrais renonce à l’internat. Il sera médecin généraliste à Saint-Mandé. Marqué à jamais par la barbarie de cette première guerre industrielle, il y pensera quotidiennement tout au long de sa vie. C’est à 80 ans passés qu’il décide de rompre le silence en révélant la réalité du carnage qu’a été la guerre de 14. Devenu aveugle, il ne peut plus lire, ni écrire. Qu’à cela ne tienne, il racontera sa guerre au magnétophone puisqu’il ne peut plus prendre la plume. Son épouse sera ses yeux. Elle lui relira ses carnets, sa correspondance, lui décrira ses cartes d’état-major et ses photos classées dans ses albums… Peu de temps avant sa mort en 1977, il léguait à chacun de ses trois enfants, un lot de 16 cassettes de 90 minutes. Pour qu’un jour en 2002, l’aînée de ses petits-enfants puisse écouter… et transmettre sa parole de poilu.

De l'Argonne au Chemin des Dames en passant par Verdun et la Somme, la Grande Guerre racontée au jour le jour, illustrée - fait rarissime - de photos prises par l'auteur du texte.

le journal d'un médecin dans les tranchées chez Robert Laffont, 2008

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